On parle de plus en plus de Mars One, ce projet lancé par un ingénieur néerlandais, Bas Lansdorp, visant à installer une colonie humaine sur la planète Mars et à l’occuper dès 2023. Ce projet serait financé grâce à une exploitation médiatique de l’expédition sur le modèle de la télé réalité. Les quatre premiers volontaires pour “Big Brother in Space” devraient emménager sur Mars en 2023. D’ailleurs, pour faire partie de l’expédition, il suffit de postuler en mettant une vidéo de présentation en Anglais sur ce site. Actuellement, on recense plus de 70 000 candidats. Attention, aucun voyage de retour n’est prévu.

L’expédition est un challenge énorme et se retrouve devant des impasses techniques, humaines et financières à surmonter.

Je vous passe les détails sur le côté financier, parce évidemment qu’envoyer des humains sur Mars ça coûte cher – toujours est-il qu’ils auraient peut-être pu trouver un autre moyen qu’une émission de télé-réalité – mais j’aimerais m’attarder un petit peu sur le côté Humain donc éthique de la mission.

“It is really my dream, my ambition to take humans to Mars” Bas Lansdorp.

L’expérience acquise par les astronautes dans les stations spatiales a démontré que la santé mentale et physique d’équipages pourtant triés sur le volet sont affectés par les séjours de longue durée dans l’espace. Le trajet vers Mars durera 7 mois sans aucun moyen de retour. Nous savons que les astronautes qui retrouvent la gravité après un tel délai sont fortement handicapés sur le plan physique durant plusieurs semaines. De plus, la dose de radiation accumulée durant le transit vers Mars puis le séjour sur la planète devrait accroître le risque de cancer et pourrait même tuer l’équipage à plus ou moins court terme en cas d’éruption solaire. Enfin, qu’en est-il des conséquences sur l’organisme sous une gravité de 0,38 g après plusieurs années ?

En partant du principe où l’on sera capable de produire de l’énergie et de la nourriture in situ après avoir réussi à faire atterrir une navette, on pourra alors se permettre de rêver un peu. Il est prévu d’envoyer un groupe de 4 personnes tous les deux ans. Dans le document Health and Ethics disponible sur le site de la mission (que je vous invite à lire tellement cela paraît surnaturel), il est mention d’enfants.

Imaginons une seconde que nous pourrions connaître le premier Martien de l’humanité, descendant direct des Terriens. A quoi ressemblerait un enfant né sous une gravité de 0.38g ? Un enfant incapable de sortir des Living Units ou alors muni d’une combinaison ?

Que se passerait-il si l’on colonisait réellement Mars pour y créer une nouvelle société ?

Quand la Science Fiction rejoint la réalité…